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Anais simon - Philosophie analytique 1/2 - Wittgenstein

UPOP Marseille - 2016-11-17

08 11 16 - Philosophie
Université Populaire du Pays d’Aubagne et de l’Etoile
uppae.fr
Anaïs Simon
Professeure de philosophie
Lycée Saint-Exupéry Marseille
Comment parler de son corps ? Ai-je ou suis-je un corps ?

A propos de ce corps que nous appelons “ notre corps ”, nous nous trouvons paradoxalement face à une véritable difficulté philosophique. D'un côté si nous nous fions à l'impression immédiate que nous transmettent à la fois la conscience et nos sensations internes, il nous semble que nous pilotons notre corps et qu'il répond à notre volonté. Mais d'un autre côté, la maladie, l'âge, de même que les découvertes des sciences neurobiologiques contemporaines nous invitent au contraire à vivre notre corps sur le mode de l'immanence, et non plus celui de l'appartenance. Bref, tantôt il me semble que j'ai un corps, tantôt j'ai l'impression que je suis ce corps.
Cette ambiguïté se reflète dans la concurrence entre deux positions irréconciliables dans l'histoire de la philosophie et de la pensée : le matérialisme strict et le dualisme. Soit tout est corps et matière, y compris ma conscience, ma subjectivité ; soit je suis une “ chose qui pense ”, unie pour un temps à ce corps que je reconnais comme mien.
La philosophie analytique du langage, telle que Wittgenstein la met au point dans le premier quart du XXe siècle, apparaît comme un formidable outil conceptuel et méthodologique pour tenter d'élucider l'apparente aporie que rencontre tout discours sur le corps propre. Il s'agira d'établir, grâce à cette méthode d'analyse des propositions du langage et de clarification des concepts, quelle serait la bonne façon de parler de son corps, et par conséquent, la bonne façon de le penser et de se penser soi-même.

UPOP Marseille - 2016-12-04

Anais simon - Philosophie analytique 1/2 - Wittgenstein

Fab Black - 2019-01-25

Brillant exposé par sa clarté remarquable. A voir avant de lire Wittgenstein, ça fait gagner un temps considérable.Même s'il est venu à la règle du "jeu" dans sa deuxième philosophie, Wittgenstein a peut être un peu oublié la règle du "je".

Hector JONCOUR - 2020-02-02

tant de clarté , je n'en crois ni mes oreilles ni mon langage :p

schengele - 2018-08-09

Merci Madame !

Ion Marculescu - 2017-06-02

Cool... Très intéressant.

UPOP Marseille - 2017-10-25

Bonjour,
Je vous remercie pour l'intérêt que vous portez à l'Université Populaire d'Aubagne
A tout bientôt

Anais Simon - 2017-11-18

Bonjour Ramzi,
Pour répondre à votre remarque, je dirais que l'infini en question concernant l'acte volontaire n'est pas tant de nature mathématique que physique. S'il est possible de supposer une décomposition à l'infini de la matière, il n'en demeure pas moins que celle-ci s'inscrit dans une certaine durée, parce qu'elle relève d'une chaîne causale dont le principe est que la cause soit distincte de l'effet, de telle sorte que les deux événements (cause et effet) ne puissent être simultanés, mais consécutifs l'un par rapport à l'autre. D'où l'idée que l'infini de la décomposition physique de l'action implique également l'idée d'une durée infinie, dans la mesure où le temps est une dimension du mouvement. En somme, s'il fallait que la cause de tout acte volontaire soit elle-même un acte volontaire, il en résulterait une régression à l'infini dans le temps, étant établi que l'acte volontaire suppose une action de l'âme ou de l'esprit sur le corps, c'est-à-dire une action qui puisse se mesurer comme telle. Cela signifie qu'une action volontaire effective doit être mesurable du point de vue de son effet. Or un point mathématique est sans extension (matérielle), ce qui se traduit par une forme d'inefficacité du point de vue de la causalité.
Resterait à établir, chez Descartes par exemple, si l'acte volontaire, parce qu'il se produit au niveau de la substance pensée, laquelle est par définition sans étendue, est un acte mesurable ou quantifiable. Sur ce point, j'en conviens avec vous, le modèle mathématique serait plus adapté. Mais si on se réfère au Traité des Passions de l'âme, l'action volontaire implique une traduction dans le corps au niveau de la glande pinéale, ce qui suppose toujours une inscription dans de la durée physique mesurable. Bref, ou bien un acte volontaire est effectif parce qu'il a une certaine durée qui autorise la consécution entre la cause et son effet, ou bien l'acte volontaire enveloppe l'effet dans la cause.
Merci pour votre remarque!
Anaïs Simon

Kevin Pinan - 2018-08-28

bravo à madame Madame Simon pour sa manière d'expliquer

Nogueira - lopes Alexandre - 2017-02-27

j'ai un corps +je suis un corps = je suis dans corps

UPOP Marseille - 2017-10-25

Bonjour,
Je vous remercie pour l'intérêt que vous portez à l'Université Populaire d'Aubagne
A tout bientôt

mohamed محمد الاطلسي /. atlassi - 2019-04-03

Bravo et merci

Commun Desmortels - 2019-05-29

Le cerveau pilote le corps..qui pilote le cerveau?

Jean-Michel Guiet - 2019-05-24

Le libre arbritre supposé ne serait il pas simplement la mise en actes de la ligne d'univers décrite par la physique ?

Schlageter jean-pierre - 2018-12-01

Tout est dualiste. Ces la base de la vie . Tout a son contraire et a besoin de son contraire pour exister . Ou pour pouvoir le définir .
☯☯☯

Carpentier Pierre-Yves - 2019-01-31

Votre affirmation semble délicieusement prisonnière de votre cadre linguistique.:-D

Cathédrale Osseuse - 2019-02-23

Schlageter jean-pierre
Vous confondez contraire (dialectique) et dualisme.
Le dualisme implique plusieurs réalités.

Philosophie Saint Cricq - 2019-10-03

Envisagez-vous votre réponse comme le pendant dialectique légitime du bon sens et de la bonne orthographe ?